* * * * * * * * * * *



Nouvel album disponible
Cabreta d'amor

Commander

Co-produit par l'Agence des Musiques Traditionnelles en Auvergne et le Musée des Musiques Populaires de Montluçon

* * * * * * * * * * *

* * * * * * * * * * *

CONTACT


Je suis à votre disposition pour tout renseignement concernant la cabrette, initiation à la pratique ou cours de perfectionnement.

Morceaux choisis

Samedi 4 juillet 2009

     Un felibre est un poète ou prosateur qui s'exprime en langue occitane...La "felibrée" est un mot qui n'est pas dans le dictionnaire, mais qui exprime une réunion de ces mainteneurs de la langue occitane...

Cette rencontre culturelle a lieu, chaque année, dans la volonté du maintien et de promotion de notre belle langue; cette fois c'est en Dordogne, à Beaumont du Périgord (24440) qu'aura lieu cette grande fête de la Tradition.

Non seulement la langue, mais aussi la musique auront leur place dans cette  felibrée!
Des groupes folkloriques, nombreux, animeront les rues de cette magnifique bastide (à visiter!) qu'est Beaumont du Périgord.

La ville sera parée de fleurs aux mille couleurs, confectionnées durant tout l'hiver dans des papiers ou des tissus...

Le travail "à l'ancienne' sera aussi à l'honneur.

De toutes façons, violons, accordéons,vielles et cabrettes sonneront sous les voûtes; et les chanteurs occitans s'en donneront "à coeur-joie"!

Cet évènement a lieu les 04 et 05 juillet, de 10h à 18h: à ne rater sous aucun prétexte!!!

Je n'y serai pas cette fois-ci, pour raison familiale, mais il y aura de nombreux amis que je salue chaleureusement.

Par José Roux - Publié dans : Infos
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 29 juin 2009

     Je n'ai connu Jacques SALAT que dans sa maisonnette de Jongues: il y occupait sa retraite en fabriquant de menus objets qu'il vendait aux gens de passage, ou à Thérondels, grosse bourgade proche.

En particulier, il fabriquait des "selles" à traire les vaches, sortes de trépieds en bois. Il tressait, aussi, quantité de paniers et de petites corbeilles, où s'entremêlaient l'osier clair et brun. C'était un artiste...

 

Jacques SALAT faisait, par dessus tout des anches de cabrette qu'il taillait dans le roseau; mais il conservait prudemment ses secrets de fabrication, et , avec lui, je n'ai pu apprendre grand-chose que je ne connaisse déjà sur les anches de cabrette!
Lorsque je lui rendais visite, pour lui acheter une dizaine d'anches, on y était  pour la journée: je le faisais couper , tailler, retailler, gratter, regratter, essayer et essayer encore...et quand on atteignait le bon accord, la bonne sonorité, il me disait: "c'est que...elle va bien celle-ci! je vais la garder pour mon pied!"...
Je lui laissais le choix pour la première anche...mais pour les autres, je prenais la main!!
Et on coupait ce travail fastidieux par la pause-déjeuner, invariablement à l'auberge de Thérondel, ce qui nous donnait des forces pour la fin d'après-midi: j'étais content de revoir deux fois l'an Jacques SALAT, et nos rencontres étaient fort sympathiques...

Sauf une seule fois: j'animais la fête de Thérondels avec ma formation; j'étais allé le chercher pour déjeuner avec l'orchestre, et il était tout heureux de venir; d'autant que je lui avais demandé d'apporter son instrument pour en "faire une".
Le bal de l'après-midi commence: grosse affluence, des jeunes, des enchaînements, de l'ambiance; bref, Jacques n'a pu se "produire" que vers 17 heures, et il était mécontent, car il se voyait bien jouant pendant tout le bal!
J'ai été contraint de lui expliquer (plusieurs fois) que j'étais sous contrat d'un Comité des Fêtes, etc, etc, il a fini par comprendre et ne m'en a pas voulu.

Jacques SALAT jouait bien de la cabrette, à "l'ancienne" (main gauche en bas), avec ce son si caractéristique du Haut-Aveyron. Mais, il n'entretenait pas ses instruments et, dans les concours il n'avait pas de chance car sa cabrette l'abandonnait souvent au moment crucial: alors, il se mettait à pleurer ( il était très sensible) en disant que son pied l'avait "trahi"...Cela durait quelques minutes, et tout repartait!

J'étais allé le voir alors qu'il était hospitalisé...Il était bouleversé dans ses habitudes et c'est peut-être cela qui lui a fait perdre un peu la tête...Puis il est parti en maison de retraite, où il est décédé un an après...

Je sais, de source sûre, qu'il avait -au moins- une dizaine de pieds de cabrette...qui ont disparu: on aurait profité de son désarroi mental et moral pour les lui acheter...évidemment pour une bouchée de pain.
Compliments au malhonnête qui aurait pu faire cela sans aucun remords...

Par José Roux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 29 juin 2009
     Ah! non! Ils n'étaient pas connus en dehors de leur village, de leur canton, parfois de leur région...

Et, pourtant, ce sont eux qui ont permis, chacun dans sa petite zone d'influence, de promouvoir notre chère cabrette, de contribuer à ce que leurs contemporains ne l'oublient pas...
Ce sont eux qui nous permettent aujourd'hui de retrouver nos racines!

Parmi tant d'autres mainteneurs, méconnus ou inconnus, un ami, fidèle aux rassemblements des concours du 14 juillet, place du Buis à Aurillac: Jacques SALAT.

Jacques SALAT
est né un vingt-trois octobre, en 1903, à Albignhac, commune de Brommat (aveyron). Il y avait deux enfants, et, très tôt, dès l'âge de sept ans, Jacques était loué dans les fermes des alentours pour garder les troupeaux.
Il allait à l'école les mois d'hiver...
Il a aussi participé durant quelques années à la construction du barrage de  Sarrans, mais l'essentiel de son métier est resté, jusqu'à l'âge de la retraite, celui de vacher et "buronnier" (les burons sont de minuscules fermettes, à flanc de montagne, où se prépare le fameux fromage de Cantal).

Jacques Salat s'est marié en 1926; hélas, son épouse est décédée ainsi que l'enfant qu'elle portait, en 1927.

Jacques Salat ne s'est pas remarié; après une vie de labeur il s'est retiré dans sa maisonnette du village de Jongues près de Brommat...

Il est décédé Le 17 décembre 1979.

Très jeune, Jacques SALAT (appelé encore Victor, paraît-il) jouait de l'harmonica: je n'ai jamais su comment il était passé de l'harmonica à la cabrette, ni qui lui a appris les subtilités de notre instrument. il avait dû glaner les conseils un peu partout autour de lui, car c'était un brave homme, de service, et aimé de ceux qui le fréquentaient.
Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 24 juin 2009

     Lorsque j'ai commencé à sortir, timidement, ma cabrette et à me déplacer pour rencontrer les "ténors" de mon temps, j'avais une quinzaine d'années...

Cétait la fin de la grande époque des concours de cabrette; enfin presque, puisque j'ai bien connu en tant que candidat , puis comme membre du jury et durant quelques années, le concours de cabrette du 14 juillet, place du Buis à Aurillac (15).
    
Ce concours, tombé dans l'oubli, avait été re-créé à l'initiative de M. Jean Fay, Majoral du Felibrige, qui a tellement oeuvré pour la défense de notre langue et de notre musique...

Mais, c'était un des derniers concours importants de la région: autrefois, il y avait de nombreux concours de cabrette un peu partout dans le pays, avec des récompenses sous forme de médailles ou de prix en espèces sonnantes et trébuchantes...

Et, il y avait des "écumeurs" de concours qui ont remporté quantité de médailles: pour en citer un, il y avait le "père" Delpuech, dit "Gustou", de Leucamp (15); je crois que ses médailles sont conservées par André Ricros (A.M.T.A.)

Aujourd'hui, je voulais simplement mentionner mon premier concours...le seul où j'ai connu le trac (il faut un début à tout)...c'était en août 1953 et j'avais 15 ans...

 

En bon auvergnat, j'étais très intéressé, car le premier prix était de 15000 francs (anciens bien sûr) et  je comptais bien sur ce pécule pour acheter un pied de cabrette chez Martin Cayla!...C'est -exactement- ce que cela a coûté, avec deux anches en prime,s'il vous plait!

C'était en 1953, au mois d'août...

Depuis, malgré les efforts de tous, les concours tombent un peu en désuétude: subsistent cependant le Concours de cabrette de Paris...et quelques rares autres; j'ai peur que l'esprit festif et de retrouvailles d'antan ait disparu: on n'allait pas dans ces réunions pour s'affronter ou gagner, mais pour se revoir, parler et déjeuner ensemble, somme toute passer une bonne journée de vie et de cabrette.

... J'ai connu d'autres concours: par chance ou par "sublimation" de mes capacités, je les ai tous remportés.

 Et, parmi ceux qui sont toujours restés dans "l'esprit", il y avait les concours d'Aurillac: oh! il y avait bien quelques "accrochages": mon copain Louis Rispal était professionnel avec Paul Barrier... et moi aussi; j'empiétais sur son territoire avec ma grosse formation de danse de dix musiciens, et je raflais les bons contrats dans son "fief", depuis l'E.N.P. d'Egletons jusqu'à l'E.N. d' Aurillac, sans compter les fêtes de trois jours depuis Nasbinals jusqu'à Maurs, en passant par Vic-sur-Cère, etc...Mais en deux apéritifs, tout était effacé, et il ne restait que de la pure camaraderie et la joie de jouer en commun puis de se retrouver autour d'un bon repas!
Pour rien au monde, les Rispal,, Vermerie, Defarges, Valette, Salat, Miquel, Milou Fruquières, Rigal, moi-même et bien d'autres n'aurions raté cela!!!
 Il y avait aussi, bien sûr, Monsieur Faye à l'apéritif, l'ami Fialon, Trélon, et j'en oublie (des Toulousains ou des Parisiens se souviendront des concours de la place du Buis, même s'ils étaient alors très jeunes...) 

Comptons sur nos jeunes pour organiser beaucoup de rencontres et de concours au pays! dans les villages comme dans les villes: c'est cela le Devoir de mainteneurs que nous devons remplir !
Par avance, courage, merci et bravo!

Par José Roux - Publié dans : Cabrette
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 24 juin 2009
Nous avons encore bien joué ensemble et entre amis, il faisait beau, la chère était bonne et le vin de Cahors tanique à souhait!

Voici la "brochette" de musiciens que je vous propose au menu:

Robert Lavergne à la cabrette: c'était un des piliers (sax alto, ténor, clarinette) de mon orchestre des années 70. C'est le meilleur facteur d'anches et de soufflets que je connaisse (et je suis difficile!)

Paul Grollier à l'accordéon diatonique, prof. au Conservatoire d'Angoulême, avec qui j'enregistre.

Xavier Vidal, Président de l'Agence des Musiques Traditionnelles du Quercy, prof. d'accordéon...excellent  violoniste.

Gérard Lamolère, autre brillant élément de ma formation (claviers, guitare, chant, etc...) compositeur connu et reconnu, "passé" chez Sevran, ami d'André Verchuren, à l'accordéon chromatique.

moi-même, José Roux, à la cabrette.

Quel plaisir!
Un regret: André Ricros est arrivé en retard pour la photo...mais pas pour le repas!
Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 16 mars 2009
   Le  chemin de vie de l'un de ces hommes de notre Auvergne de la seconde partie du 19ème siècle, rudes travailleurs et joueurs de cabrette, qui ont eu le courage et le mérite de partir à Paris en pionniers, d'y réussir leur vie, et de marquer -définitivement- la capitale de l'empreinte de notre région...

Quelques photos de Jean-Marie Valadier:
-Fascicule de mobilisation
-Un repas dominical à l' "Escargot" à Figeac, avec Madame Coustillière, Adeline Valadier et une amie
-un jour de carnaval avec la cabrette
Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 15 mars 2009
...En premières noces, Jean-Marie Valadier avait épousé une demoiselle Portal: un de ses beaux frères, Benjamin Portal, jouait de la cabrette; toute la lignée des Portal est mentionnée dans l'annuaire des cabretaïres, sur le site de cabrette.com, et le dernier Portal, dit Olivieirou, semble installé en Auvergne où il tient un commerce d'articles de pêche et chasse...
   Je suppose que Jean-Marie Valadier avait vendu son affaire à Benjamin Portal, peut-être avec association préalable, mais ce n'est qu'une hypothèse...
 
   Sinon, la vie se déroulait sereinement à Figeac pour Jean-Marie Valadier: il jouait souvent alentours ,et était demandé pour animer des soirées; le dimanche, c'était, souvent, le repas chez Madame Coustillières au restaurant "l'escargot", et la cabrette qui résonnait sur les bords de la rivière Célé...Jean-Marie Valadier aimait la fête de ces réunions conviviales et amicales...  A Figeac, j'ai même connu un frère Péguri, venu rendre visite à Jean-Marie Valadier son ancien "patron"; c'était sûrement le plus jeune des trois frères, qui a d'ailleurs disparu peu de temps après...

  Cependant, tout se termine et la vie passe, laissant seuls ceux qui restent : Jean-Marie Valadier et son épouse n'avaient plus grand  monde autour d'eux...Mes parents et moi-même étions quand même présents car nous habitions de l'autre côté de la rivière, en face...
Nous avons aidé, à notre mesure; et Jean-Marie Valadier est décédé à l'âge de 84 ans, en1958, précédant de peu sa femme, Adeline. Il a été inhumé dans le cimetière de Figeac; ses restes ont disparu car il n'y avait pas de tombe familiale ...

   Nous sommes bien loin de l'arrivée en De Dion Bouton et des années d'aisance...

   Mais, cet homme, auvergnat, parti de moins que rien, a vécu une belle réussite par son travail et sa ténacité: c'est un autre exemple de la valeur des gens de notre région; c'est aussi un exemple pour moi à qui il a appris à jouer de la cabrette, à qui il a offert son pied "Marcelin", tellement raviné qu'il disait que "les doigts vont tout seuls boucher les trous"!

   Encore un magnifique cabretaire qui ne tombera pas dans un oubli total: c'est lui qui a imposé la cabrette dans le Figeacois: il y avait beaucoup de joueurs de cabrette sur les hauteurs, ce que l'on nomme le haut-Ségala, à la lisière du Cantal. mais à Figeac même, c'est Jean-Marie Valadier qui qui a "créé" une tradition de cabrette.
   La revue Quercy-recherche (N° 112 avril-juin 2003) , grâce à Xavier Vidal (A.MT. Quercy) et avec le concours du Conseil Général du Lot et la Direction Régionale des Affaires Culturelles a consacré un excellent article à Jean-Marie Valadier.
Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 14 mars 2009
... Et, vers 1924, Jean-Marie Valadier et son épouse arrivent à Figeac: l'affaire d'Enghien a été vendue, l'argent est là, et la voiture (une De Dion-Bouton!) qui a transporté les nouveaux retraités est rutilante...
L'hôtel-restaurant de l'Escargot les accueille et ils se lieront d'amitié avec la patronne d'alors, Madame Coustillières (que j'ai bien connue et qui vous préparait des escargots et des petits plats "à se mettre à genoux").
Une maison est trouvée et achetée: ils s'installent...

Le temps passant, les dévaluations monétaires, une gestion de capital peut-être approximative, ont fait fondre les économies . Lorsque j'ai connu les Valadier, ils n'étaient plus du tout riches, et mes parents et moi-même avons fait notre possible pour adoucir le soir de leur existence...

     J'ai donc connu Jean-Marie Valadier en 1954, bon et généreux, qui m'a hébergé le temps que je passe mon baccalauréat; nous sommes toujours restés amis et nous nous voyions pour jouer de la cabrette pratiquement tous les jours, puisque j' ai enseigné au Lycée de Figeac pendant une quinzaine d'années.

    Jean-Marie Valladier avait un jeu très fin avec juste ce qu'il faut comme picotage, avec une sorte de "protection" du son par la main droite très caractéristique; il avait une "oreille" fabuleuse, et, sans avoir embrassé une carrière de "cabretaïre", il connaissait tout le répertoire ainsi que la plupart des mélodies de son époque, qu'il avait jouées avec les accordéonistes qu'il engageait les dimanches et jours de fêtes.
Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 13 mars 2009
...Un gamin qui marchait  vers la capitale... De ferme en ferme il se louait pour une ou plusieurs journées, en échange du gîte et du couvert; il vendait aussi de petits articles de mercerie, boutons ou élastiques.
     Le voyage a duré trois mois, et Jean-Marie Valadier a travaillé à Paris comme porteur d'eau: il avait fabriqué une sorte de joug qui lui permettait de porter -à chaque voyage et avec moins de fatigue- deux gros seaux dans les étages.
Puis, il a trouvé un emploi dans une blanchisserie pour rapporter le linge propre et repassé chez les clients: c'était déjà mieux! A ce propos, une anecdote: Jean-Marie Valadier était un beau jeune homme, mais illettré complet bien évidemment; un jour, croyant faire un compliment à une dame -et voulant lui dire qu'elle était coquettement parée-, il lui dit "vous êtes très cocotte"...Il m'a confié avoir pris une belle gifle!
Enfin, bougnat (commerce des boissons et du charbon); et, à force de travail, l'achat d'une brasserie/bal à Enghien-les-Bains, qui s'appelait "La taverne du nègre"...et qui existe peut-être encore.

Jean-Marie Valadier restera à Enghien jusqu'en 1924: il était devenu patron et jouait de la cabrette dans son bal musette avec les plus grands de l'époque, comme les frères Péguri.
    
     Une vie de travail, mais quelle revanche sur un sort particulièrement ingrat! Tout ce parcours ponctué aussi de malheurs: Jean-Marie Valadier s'était marié et avait une fille. Femme et enfant sont décédées de la tuberculose.
Sa seconde épouse fut sa serveuse- chef, Adeline (native de Cahors).
Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 12 mars 2009

Qui pourrait se souvenir de Jean-Marie Valadier? Qui en a, seulement, entendu parler??

Et, pourtant, quel "cabretaïre"! et quel autre exemple de réussite!!

     C'est mon second "Maître", celui qui m'a vraiment appris la pratique de la cabrette. Ami de Martin Cayla (qui m'avait recommandé auprès de lui), Jean-Marie Valadier m'a logé et souvent nourri pendant deux ans alors que j'étais lycéen à Figeac (46)...
     Et nous sommes restés amis jusqu'à son décès.

     Cet homme remarquable par son talent et sa gentillesse mérite bien davantage que les quelques lignes que je vais lui consacrer; mais, je sais ce que je lui dois: il reste présent dans mon souvenir, comme un membre de ma famille, comme mon père...

     Et, dans l'inconscience de la jeunesse, je n'ai gardé aucun enregistrement de son jeu de cabrette: mais je me suis toujours fortement inspiré de ses interprétations et de son style.

     Jean-Marie Valadier est né en 1874 dans le Nord Aveyron, à Mur de Barrez ou Lacapelle-Barrez: sa mère était seule, et n'avait pour fortune qu'une vieille masure, une carriole, un âne et une chèvre. Elle colportait, par tous les temps, de menues fournitures de mercerie, et faisait fonction de "commissionnaire" pour les habitants des villages et des hameaux... Elle prisait, et j'ai conservé sa tabatière.
Rendez-vous compte de la situation! Bien souvent la chèvre a nourri le bébé... Il fallait être robuste pour survivre au froid, à la faim...et au regard des autres, à l'époque.
Jean-Marie Valadier fut surnommé "Bartassou" par les "bonnes gens": un bartassou est un petit buisson, et...vous avez compris que l'enfant sortait de derrière un buisson...Ouf, on a (un peu) évolué depuis!

Tellement bien, que, sur le fascicule de mobilisation de Jean-Marie Valadier (que j'ai conservé), il est bien stipulé: Jean-Marie Valadier dit Bartassou!

     Tout jeune, Jean-Marie Valadier travaille dans les "burons" (fermettes d'altitude où l'on fabrique le fromage); depuis l'âge de sept ans jusqu'à quinze ans environ.
Mais, il veut autre chose que toute cette misère, et décide d'aller à Paris pour gagner sa vie!

Par José Roux - Publié dans : Rencontres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus