
...Un gamin qui marchait vers la capitale... De ferme en ferme il se louait pour une ou
plusieurs journées, en échange du gîte et du couvert; il vendait aussi de petits articles de mercerie, boutons ou élastiques.
Le voyage a duré trois mois, et
Jean-Marie Valadier a travaillé à Paris comme porteur d'eau: il avait fabriqué une sorte de joug qui lui permettait de
porter -à chaque voyage et avec moins de fatigue- deux gros seaux dans les étages.
Puis, il a trouvé un emploi dans une blanchisserie pour rapporter le linge propre et repassé chez les clients: c'était déjà mieux! A ce propos, une anecdote:
Jean-Marie Valadier
était un beau jeune homme, mais illettré complet bien évidemment; un jour, croyant faire un compliment à une dame -et voulant lui dire qu'elle était coquettement parée-, il lui dit "vous êtes très
cocotte"...Il m'a confié avoir pris une belle gifle!
Enfin, bougnat (commerce des boissons et du charbon); et, à force de travail, l'achat d'une brasserie/bal à Enghien-les-Bains, qui s'appelait "La taverne du nègre"...et qui existe peut-être
encore.
Jean-Marie Valadier restera à Enghien jusqu'en 1924: il était devenu patron et jouait de la cabrette dans son bal musette avec les plus grands de l'époque, comme les frères
Péguri.
Une vie de travail, mais quelle revanche sur un sort particulièrement ingrat! Tout ce parcours ponctué aussi de malheurs:
Jean-Marie Valadier s'était marié
et avait une fille. Femme et enfant sont décédées de la tuberculose.
Sa seconde épouse fut sa serveuse- chef, Adeline (native de Cahors).